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 We’re broken people ✝ (Ronan) ❞ - validé

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T.Brownie
we used to dream of outer space
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Féminin Messages : 33
Date d'inscription : 30/06/2016
Age : 19

MessageSujet: We’re broken people ✝ (Ronan) ❞ - validé   Ven 1 Juil - 14:50

Ronan-S. Parrish
feat Marshall Lee (Adventure Time)
Ronan Seth Parrish
Hétérosexuel et volage
Vingt trois ans
Zoroark sauvage
Musicien et illusionniste itinérant
Pas d'attache précise
Attaques/Armes/Équipement
Capacité propre ▬ Illusion
Habilité à copier l'apparence d'une personne pendant une durée assez aléatoire.
▬ Attaques ▬
✗ Griffe ombre
✗ Explonuit
✗ Tricherie
Tu nous entends la Tristesse? Tu nous entends ? Si tu nous entends, c’est que toi aussi, tu vas bientôt faire ton sac, prendre la première à gauche, deuxième à droite, puis encore à gauche et aller niquer ta race. Félicitations ! Bravo !
Physique •

✗ I've got two faces,
Blurry's the one I'm not.

Le premier mot qui vient à l’esprit quand on pose le regard sur Ronan, c’est l’aventure. Tout son être respire l’excitation et l’exaltation, l’affranchissement des règles et le goût de l’interdit. Ses cheveux noir corbeaux jamais vraiment coiffés, qui lui donnent cet air déjeté et négligeant qui font la base de son charme, ses yeux écarlates qui brillent d’une lueur d’assurance et de défi, son sourire éclatant que des canines un peu plus longues que la moyenne rendent légèrement carnassier ; il est l’aventure incarnée. Celle qui ne promet rien d’autre que l’incertitude et l’extase qui en découle.
Apprécié des femmes -et des hommes qui n’aiment pas ces premières- il a ce charisme qui va de paire avec l’aura qu’il dégage. Un visage agréable à regarder, des traits fins, des yeux rieurs et des lèvres gercées. Sa peau est assez pâle, un détail plutôt surprenant pour un type qui passe le plus clair de son temps à l’extérieur. Et si on s’y attarde suffisamment, des cernes à peine distinguables se dessinent sous ses yeux rubis et assombrissent son regard déjà lourd d’énigmes. Mais il a la chance d’avoir cette réputation de vagabond, de roturier sans attache qui mène sa vie par monts et vaux. Et chaque défaut de son visage sert ce propos, car l’aventure sans accrocs est forcément moins palpitante que le chemin barré d’embûches et prometteur de moments intenses.
Ronan atteint à peine le mètre soixante-dix-sept pour soixante treize kilos. Il est loin d’avoir une carrure de champion de natation, avec ses épaules légèrement tombantes, ses hanches étroites et ses mains aux doigts fins. Pourtant, sous ses tee-shirts généralement larges se dessinent des muscles qui ne se dévoilent que lorsqu’il tombe la chemise. Il a le corps finement sculpté de ceux qui n’ont pas un poil de graisse en trop, mais qui n’impressionnent pas non plus les autres pour leur carrure d’athlète.

Deux étroits anneaux d’argent pendent au lobe de son oreille droite tandis qu’un troisième est perché au niveau du cartilage de l’oreille gauche. Des bracelets de force et autre fantaisies ornent ses poignets, et son cou est souvent décoré de longs colliers qui tombent plus bas que les clavicules. Puis des bagues d’argent aussi clinquantes que tout son être trônent à ses doigts.
Ses vêtement sont tous assez simple, mais ils ont le charme des vêtements usés, délavés et artistiquement déchirés par endroit. Enfin pour finir, son avant-bras droit est recouvert de tatouages, tous faits au cours de ses jours de errance.
Un extérieur bien tape-à-l’oeil pour une âme bien vide.

Caractère •

✗ I'll never be, be what you see inside
You say I'm not alone, but I am petrified.

Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture. L’habit ne fait pas le moine. Il en existe beaucoup des expressions de ce genre. Et elles n’ont jamais été aussi pertinente que lorsqu’elles concernent Ronan.

Ronan est faux. Ronan est vide. Son être tout entier n’est qu’une farce qu’il joue quotidiennement pour cacher au monde le misérable qu’il est au fond. Toute cette assurance, ces mimiques de rebelle qui assume ce qu’il est et qui s’en vante. Son arrogance. Son agressivité. Sa nonchalance.
Tout est factice.
Il faut dire qu’il a l’habitude de jouer des rôles. Ronan, il sait être n’importe qui. Sauf lui même.
Car Ronan, il est constamment rongé par le doute et le manque. La culpabilité lui ronge les tripes et le stress et l’appréhension le bouffent littéralement, au point de lui donner des sueurs froides la nuit avant de s’endormir. Terriblement nerveux de nature, et dépressif chronique par dessus le marché, il souffre d’un sérieux problème de confiance en soi. Et quand on ne se croit pas soi-même, il est bien entendu impossible d’accorder sa confiance aux autres.
Ça a toujours été comme ça. Et depuis toujours, Ronan a pris pour habitude de se forger des masques, des personnalités différentes, plus forte, plus marquées, pour pallier au vide qui lui creuse la poitrine comme un trou noir creuse l’espace. Il ne sait pas quoi faire pour combler une fois pour toutes ce creux omniprésent qui le tue à petit feu. Il ne sait même pas exactement ce dont il manque. Mais c’est là, -ou plutôt ça n’est pas là- depuis toujours, et ça lui fait l’effet d’un parasite en train de le dévorer de l’intérieur.
Avec le temps, les personnalités factices se sont développées, précisées. Il n’est pas gentil. Il serait presque du genre à frapper en premier pour n'en pas se faire prendre de court, s’il n’y avait pas ce foutu je m’en foutisme qui lui colle à la peau. Ses paroles se font acerbes ou séductrices, jamais sincères. Cette personnalité créée de toute pièce s’est tellement affinée que lui même en oublie parfois la vraie personne au fond. C’est devenu une sorte de carapace. Ce n’est plus un masque qu’il enfile et retire sa guise. C’est une deuxième peau, une armure, une protection. Sans elle, il n’est rien, il est comme mis à nu, dans sa vulnérabilité la plus totale. Sans elle c’est la fin. Cette armure d’assurance insolente et charismatique lui permet de s’attirer l’attention que le garçon à l’intérieur ne pourra jamais attirer.
C’est un peu combler les manques avec du vide, mais  il n’a rien trouvé de mieux.

Pourtant, derrière cette suffisance aussi crispante qu’attirante, il n’y a pas que du stress et une sévère addiction à la nicotine. Même s’il l’a oublié, le vrai Ronan n’est pas que doute et confusion. C’est aussi un être sensible et compréhensif. Il n’a pas vocation d’aider la veuve et l’orphelin, mais il sait ce que c’est que d’avoir mal et est apte à comprendre ceux qui souffrent. Ronan n’est pas Robin des Bois. Mais il est loin d’être Jean-sans-terres non plus.
Au fond Ronan, c’est qu’un gosse. Un enfant paumé dans un monde d’adulte. Un môme en manque affectif qui veut aimer et se faire aimer, mais qui se l’interdit pour une question de mauvaise foi et de « bonne conscience ».
Il en a fait des conneries. Des conneries qui lui ont valut de longues nuits sans sommeil. Des conneries qui lui filent la nausée chaque fois qu’il se réveille le matin et qui alourdissent son âme d’une culpabilité trop lourde à supporter. Alors dans l’idée d’expier ses fautes, Ronan cherche toujours à se faire du mal. Que se soit en se séparant d’une personne à qui il commence à s’attacher, en blessant autrui pour se conforter dans l’idée qu’il n’est rien d’autre qu’une raclure, ou tout simplement en cherchant des noises à un gros baraqué pour se faire cogner dessus à la sortie d’un bar.
Tout est bon pour s’écorcher un peu plus la peau et le coeur.

Histoire •

✗ Even when I doubt you,
I'm no good without you.


« Et pourtant, on a encore tellement d'histoires pas croyables à vivre, si tu savais, mais je te le dis, des histoires que tu peux même pas imaginer qui nous emporteront très loin, tellement loin en mode fusée. Tu vois, moi aussi j'ai peur, j'ai peur en permanence qu'on m'annonce une catastrophe ou qu'on m'appelle des urgences. Mais on a la chance d'être ensemble, de s'être trouvés tous les deux, c'est déjà prodigieux. »

⊰ Ronan • 16 ans ⊱


Il n’y a rien dans l’impasse, à part un vieux lampadaire grésillant, deux poubelles puantes et le cadavre d’un rongeur non identifié. C’est glauque, c’est crade, c’est sombre. La routine quoi.
Adossée contre le mur, une silhouette se découpe dans la pénombre. C’est un jeune homme, pas plus de seize ans au moins. Tout son être respire la nervosité. Il suffit de voir tous les tics et gestes qu’il répète en boucle comme on récite une prière. Il réajuste ses lunettes de soleil, joue avec le clapet de son briquet, regarde l’heure sur son portable toutes les minutes… Impossible pour lui de rester calme et immobile. Il faut dire qu’entre ses habituels problèmes de stress, et ce qu’il s’apprête à faire incessamment sous peu, on comprend qu’il ait besoin de bouger pour ne pas péter un câble.Il tire une longue taffe de sa clope et le poison qu’il recrache s’élève en volute aériens au-dessus de sa tête. Fumée blanche sur nuit noire.
Un bruit à droite lui fait tourner la tête. Des pas qui se rapprochent.
Le jeune homme écrase sa cigarette contre le mur, passe une main dans ses cheveux, tire sur le col de son perfecto de cuir. Ce n’est plus un gamin. C’est un homme maintenant. S’il perd cette idée de vue, alors il ne donne pas cher de sa peau.

Trois figures se postent devant lui. Deux d’entre elles sont bien trop massives pour être rassurantes, l’autre est beaucoup plus discrète. Même s’il ne voit rien dans la lumière saccadée du lampadaire, il devine bien que le premier faux pas sera fatal.

▬ Vous êtes en retard les mecs, fait-il avec un sourire narquois, vous avez pris le temps de vous faire une beauté pour moi c’est ça ?

P’tit con.

▬ Tu ferais mieux de fermer la boîte à merde qui te sert de bouche si tu veux pas qu’il arrive de problèmes à ton pote.

L’homme qui a parlé empoigne la plus petite silhouette par le col et le place sous la lumière, à la vue de tous. Lui aussi c’est qu’un gosse. Il tente de garder son calme mais sa lèvre inférieur qui tremblote le trahit : il a les jetons.

▬ Putain Ronan, fais pas le con !

▬ Déstresse Princesse, pète un coup ça ira mieux.


Un rictus sardonique étire ses lèvres gercées tandis que son ami étouffe frustration, colère et peur dans un juron qui reste coincé au fond de sa gorge.
Ronan se donne des airs je-m’en-foutiste pour ancrer son assurance. Tant que l’illusion est là, le reste n’a pas d’importance, même si au fond, lui aussi à le trouillomètre dans le rouge.

▬ T’as ramené ce qu’on t’as demandé ?

▬ À toi de voir.


Et il jette son sac de sport aux pieds de ses interlocuteurs. Ceux-ci prennent quelques secondes pour vérifier la marchandise, puis, satisfaits, laissent leur otage se réfugier derrière le jeune aux lunettes noires. L’échange est fait, les deux parties n’ont plus rien à faire ensemble. Mais le garçon n’a pas l’air d’avoir dit son dernier mot. Et c’est quand les gyrophares des flics viennent éclairer l’autre extrémité de la rue qu’il s’étire en soupirant, comme s’il rentrait d’une longue journée de travail, avant de lâcher d’un ton nonchalant :

▬ Au fait, j’espère que vous courrez vite les mecs. J’ai entendu que les poulets recherchaient un sac de sport blanc et noir remplit de plusieurs kilos de coke volés à un fourgon de police. D’ailleurs si je ne fais pas erreur, ils ne sont pas très loin…

Le temps que mettent ses interlocuteurs à réagir est largement suffisant pour qu’il prenne la fuite en traînant son ami derrière lui. Ils connaissent les rues étroites de Volucité comme leur poche, ils ont passé toute leur enfance à fuir policiers et instituteurs en s’effaçant dans les ruelles sombres des mauvais quartiers.

▬ Putain, ce p’tit enfoiré nous a balancé !

Il rit de sa bonne farce et jubile quand il entend la police investir l’impasse et coffrer les deux abrutis qui l’ont sous-estimé.
Parce que Ronan est un fouteur de merde né doublé d’un vrai baratineur. Parce qu’il ne supporte pas qu’on le traite comme une merde. Parce que tous ceux qui osent poser une main sur son frère de cœur méritent de finir leur vie au trou.


« t’inquiète pas je perds pas le nord. Même si l’autre dit partout que je vaux pas mieux qu’un voyou. Elle a ressorti les vieux dossiers et rien à foutre que je lui répète qu’elle sait pas tout. »


⊰ Ronan • 1 à 14 ans ⊱


Ronan n’a jamais connu ses parents. La seule figure à peu près maternelle qu’il ai connu était la vieille cuisinière du foyer d'accueil, celle qui lui filait toujours un peu de rab' quand il se pointait en douce dans les cuisines. Mais elle avait passé plus de quatre-vingt printemps, et quand Ronan atteignit les treize ans, elle avait déjà cané depuis trois mois. Salut. Rideau.
Treize ans. C’est à peu près à ce moment là qu’il est partit en couilles. Peut-être que la mort de la vieille Marthe y était pour quelque chose ; la coïncidence peut laisser dubitatif après tout. Mais après faut pas se faire d’illusions, il a toujours eu un goût prononcé pour l’adrénaline et les problèmes. Ils sont nombreux ceux qui disaient que ça arriverait forcément un jour ou l’autre.

Avant, Ronan était l’exemple même du gosse turbulent, désinhibé, qui dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit. On lui collait des claques quand il pétait un carreaux, mais après une heure de punition, on lui apportait un chocolat chaud car il était impossible de ne pas s’attacher à ce gamin. Il était de ces mioches dont la situation familiale est des plus merdiques. Une mère enceinte à quinze piges qui s’est débarrassée du boulet en l’envoyant aux services sociaux et qui pensait accomplir son devoir de mère en lui envoyant une carte de voeux à chaque Noël -surtout pas pour son anniversaire, elle ne devait même pas connaître la date exacte. Un père tout simplement inconnu. Et toute une famille sur qui il ne fallait surtout pas compter. Alors quand on a devant soi un gamin venu au monde avec si peu de chance, comment ne pas être pris de pitié ? Surtout qu’on savait aussi qu’il lui arrivait souvent de se cacher sur le toit du foyer d'accueil pour pleurer à l’abri du regard des autres quand le manque affectif et le doute s’imposaient trop dans son coeur.
Alors on le chouchoutait, histoire de combler un peu les vides. Mais par peur de le privilégier par rapport aux autres enfants, on le punissait aussi plus durement quand il faisait des bêtises -ce qui arrivait souvent. Cette éducation quelque peu contradictoire a fait de lui un jeune homme doutant constamment de lui-même, toujours un peu à côté de ses pompes.

Très vite, il s’est lié d’amitié avec deux enfants de son âge, résidant au foyer d'accueil, tout comme lui. Les jumeaux Lee et Jordan Jackson. Plus tard vint Tristan, le blondinet qui faisait craquer les filles et qui savait toucher son nez avec sa langue, et le groupe fut complet. Une fois réunis, ils ne se lâchèrent plus. À la vie, à la mort, juré craché, si je mens pète moi les dents. C’était le quatuor infernal, ou les quatre petits diables, selon l’inspiration des adultes qui les surnommaient ainsi.

✗ ✗ ✗

La vie n’était pas simple au foyer d’accueil. Il fallait jouer des coudes, rouler des mécaniques, pour se faire respecter des autres enfants et éviter de devenir la tête de turc de tout le monde. Et ça, Ronan et Tristan l’avaient bien en tête. Plus que tous, il jouaient les durs pour se protéger. Ils étaient craints et admirés, on chuchotait en les regardant du coin de l’oeil quand ils déambulaient dans les couloirs du collège ou  du foyer.

« T’as vu Ronan et Tristan ? Il parait qu’ils ont encore foutu le feu à une voiture hier soir… »

« Ouais je sais, ils ont passé la nuit en garde à vue, c’est le prof de musique qui est allé les chercher. »

« Je sais pas ce qu’ils attendent pour les mettre à la porte, c’est pas la première fois que ça arrive. Déjà l’autre fois quand il ont volé dans le supermarché d’à côté, ils ont rien eu ! »

« Ah pour toi une semaine d’exclusion c’est rien ? »

« Non mais je veux dire que ce qu’ils méritent à ce stade là, c’est le renvoi, point barre. »

« Laisse tomber, M. Keating veut pas les lâcher, ça m’étonnerait presque pas qu’il y ait un truc entre entre lui et Ronan, tiens ! »

« Ah tu dégoutes haha ! »


Les rumeurs allaient de bon train. Toutes ébranlaient un peu plus la confiance déjà fragile de Ronan qui faisait mine de ne pas être atteint pour mieux se protéger. Lee et Jordan n’en savaient rien. Même Tristan, son frère de coeur, n’avait pas connaissance du mal-être qui l’habitait. Il n’y avait qu’une seule personne au monde qui avait su voir plus loin, et c’était M. Keating, le professeur de musique, cet homme au coeur noble qui avait eu pour but de tirer les quatre délinquants vers le haut. Il était nonchalant, il se foutait des conventions et de la hiérarchie prof/élève, et s’adressait à eux comme on s’adresse à un ami. Ronan l’aimait bien. Il leur avait apprit un instrument à chacun, les avait encouragé pour monter un groupe pour faire quelque chose de plus productif de leur temps. Ça marché pendant un temps. Ça n’a pas duré.


« J'ai besoin de toi comme d'une infirmière, que tu répares ma tête et mes sentiments qui fonctionnent plus bien. Que tu refasses mes stocks de sérotonine, que tu me dises que c'est rien. J'ai compris que tu ne voulais pas de moi pour l’instant, mais je me force à croire qu'avec du temps tu changes d’avis. Et dans les nuits je rêve encore que tu m'emmènes danser jusqu'au matin. »

⊰ Ronan • 15 ans ⊱


▬ Vous avez été adoptés les garçons.

Boum. Comme ça, d’un coup. La nouvelle leur est tombée dessus comme un piano qui tombe du sixième étage, et leur a fracassé la tête avec tout autant de force. Surtout celle de Ronan. Voilà que son univers se scinde en deux, et la moitié se tire dans une région lointaine et inaccessible. Lee et Jordan ne sont plus là. Il ne reste que Ronan et Tristan. Et Joy, la petite amie de ce dernier.

Il suffit d’un regard pour que Ronan tombe sous le charme. Un sourire et son coeur s’emballe. Un rire et il tombe raide dingue. Un chuchotement et il ne dort plus de la nuit.
Joy, c’est l’ange venu des cieux, la nymphe aux cheveux de feu, la douceur dans un monde de brutes. Un concentré de chaleur et d’empathie, rehaussé d’un soupçon d’humour cynique et d’une délicate touche d’ironie, le tout dans une petite rousse d’un mètre cinquante-cinq au teint de pêche. Et qu’est-ce qu’il l’aime, dieux comme il l’aime. C’est plus fort que tout ce qui a jamais ressenti. S'il s'est mis à apprendre la prestidigitation, ça n'est pas parce que ça épate les filles et que ça augmente les chances de pécho, comme il le dit souvent à Tristan. C'est juste pour elle, pour la faire rire, et pour mettre des étoiles dans ses yeux. Qu’elle lui demande d’abandonner à jamais ses attitudes factices et il se met à nu devant elle dans la seconde qui suit. Qu’elle lui demande la Lune et il la lui sert sur un plateau d’argent. Qu’elle lui demande son coeur et il se l’arrache de la poitrine pour le lui offrir, avec un rein en plus, des fois qu’elle en ai besoin. Ronan est prêt à absolument tout, pour les beaux yeux noisette de Joy et son sourire aux lèvres roses.
Mais Joy ne le lui demande pas. Joy, elle est raide dingue de Tristan, tout comme Tristan est raide dingue de Joy. Et impuissant devant autant d’amour qui ne lui est pas destiné, Ronan souffre en silence, avec un sourire narquois qui dissimule son amertume. Il tient autant au bonheur de l’une que de l’autre, et c’est au détriment du sien qu’il s’efface pour leur faire de la place.

Petit à petit, il s’éloigne, il s’isole. Il enchaîne les romances à court terme pour se sortir ce rire clair de la tête, mais c’est comme chercher à oublier la couleur du ciel ; impossible. Alors Ronan part en couilles, encore, mais seul cette fois.


« Vieux frère, on va reprendre les choses là ou ont les as laissées. On va ramasser les idées éparpillées, celles qui dorment depuis des mois pendant qu'on était au charbon, et puis celles qui attendent en bas. Après ça, on ira chercher les autres vieux frères. Vieux frère, c'est le moment d'expliquer ce qu'il s'est passé, toute cette histoire pour lui donner un sens, et pour pas oublier aussi. Alors vas-y vieux frère balance un beat, que les idées jaillissent et qu'les mots s’agitent. »

⊰ Ronan • 16 ans ⊱


▬ Bordel, mec qu’est-ce qu’il s’est passé ? fait la voix affolée de Tristan quand celui-ci découvre le visage tuméfié de son meilleur ami.

▬ C’est rien putain, fout moi la paix.

▬ T’es encore allé foutre la merde chez le Skeleton Crew, avoue. Pourquoi tu fais ça il vont te défoncer pour de bon un de ces jours !

▬ J’ai pas besoin que tu me chaperonnes Tris’ rentre-toi ça dans le crâne,
gronde Ronan en ignorant la douleur sourde de sa lèvre fendue qui lui fait mal à chaque mot prononcé.

▬ Tu fais chier putain !

Tristan s’éloigne, en claquant la langue dans un geste frustré. Ronan se laisse tomber en soupirant sur le sofa de leur planque, un vieux garage abandonné qu’ils ont rendu un peu plus confortable avec trois vieux fauteuils, un juke-box et un mini frigo. Il a mal, il est mal, mais il ferme sa gueule.

▬ Ronan ?

La tête appuyée contre le dossier défoncé, les yeux fermés, il grogne une réponse affirmative et sent qu’on s’assoit à ses côtés. Il ne veut pas ouvrir les yeux, il ne veux pas voir Joy le regarder dans cet état.
Une poche de gel froid est appuyée contre sa tempe enflée, le faisant grimacer un peu plus. Il soupire.

▬ Pourquoi tu te fais du mal comme ça Ronan ?

Me demande pas ça putain. Pas toi.

Il reste cloîtré dans l’ombre et le silence, sans rien dire ni ouvrir les yeux. Et pourtant elle reste pour soigner ses plaies et ne quitte les lieux que lorsque Ronan s’endort épuisé après une nuit blanche passée dans les rues à se faire tabasser par les membres d’un gang de rue.

Il rêve de la vieille Marthe, et de la façon qu’elle avait de lui caresser tendrement les cheveux pour le consoler. Il rêve de Keating et du sourire fier qu’il avait eu quand il avait enchaîné sa première chanson à la guitare. Et il réalise à quel point les quelques personnes qui ont un jour eu fois en lui devaient être déçues de ce qu’il est en train de devenir, peut importe où elles se trouvent. Encore un rêve qui vire au cauchemar amer. Mais avant que ça ne devienne trop insupportable, une voix affolée le tire de son sommeil lourd.

▬ Ronan, Tristan n’est toujours pas rentré, fais Joy plus inquiète que jamais.

Il ouvre les yeux pour croiser le regard fébrile de la jeune fille, et une bouffée d’adrénaline le fait se lever de son sofa pour sortir en pleine nuit à la recherche du grand blond.

✗ ✗ ✗

Les deux jeunes courent à perdre haleine à travers les rues de Volucité. Ils ont le coeur au bord des lèvres et la peur leur a presque retourné les tripes, mais ils rient, à gorge déployée. Ils rient de s’être retrouvés, de s’être joué de ces deux abrutis du Skeleton Crew, d’être en vie, tout simplement. Ils ne savent pas où ils sont quand ils s’arrêtent enfin, les jambes rompues par l’effort et le souffle court, mais il n’en n’ont rien à foutre.

▬ Ah putain d’enfoiré, soupire Tristan en se laissant glisser contre le mur, j’ai cru qu’ils allaient nous niquer quand tu leur as dit de se faire une beauté.

▬ Pour être honnête, j’y ai cru aussi, blague Ronan en s’asseyant sur les pavés froids, en face de son frère de coeur.

▬ T’es con.

▬ Ouais. Désolé.


Quelques secondes se déroulent sans que ni l’un ni l’autre ne se parle. Seuls les bruits de la ville et leurs respirations qui se calment petit à petit se font entendre. La paix s’établit, progressivement.

▬ J’arrête mes conneries, promis, souffle Ronan en levant les yeux vers le ciel à moitié obstrué par les grattes-ciels de Volucité. J’veux pas qu’il vous arrive une merde par ma faute.

Tristan ne répond rien, mais le sourire narquois et le coup de pied qu’il lui file est bien assez éloquent. Il se relève, tend la main à Ronan pour l’aider à se redresser également, et profite du fait qu’il tienne encore sa main dans la sienne pour l’attirer dans une étreinte fraternelle.

▬ J’veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit non plus mec, lui dit-il en fermant les yeux.

▬ C’est ton portable dans ta poche, ou ça te fait de l’effet de me faire un câlin ? ironise le brun, que l’ambiance un peu trop sincère met mal à l’aise.

▬ Mais t’es con putain ! Rit Tristan en donnant une grande claque dans le dos de son ami.

Presque bras dessus bras dessous, ils prennent le chemin vers le foyer en plaisantant comme à leur habitude. Au bout d’un moment Tristan dégaine son téléphone et Ronan reconnait la voix de Joy à l’autre bout du fil. D’abord crispée, la voix se détend au fur et à mesure que le blond la rassure, et le rire cristallin que Ronan entend lui provoque un léger pincement au coeur. L’amertume n’est pas tout à fait effacée, et elle ne le sera probablement jamais. Mais Tristan et Joy sont trop importants pour lui, et c’est un sacrifice qui fait les yeux fermés.

Et soudain tout bascule. Une silhouette qui sort de l’ombre l’arme au poing, un coup de feu qui fuse et leur vrille les tympans, et le corps de Tristan qui s’effondre au sol, tandis que le cri de Joy s’entend depuis l’autre bout du téléphone.

✗ ✗ ✗

Assit sur les pavés humides, sous la pluie. Effondré plutôt. Anéanti même. Il suffirait d’un coup de vent pour qu’il vacille et aille se briser sur le trottoir. Ce serait une mort bien méritée, il pense en son fort intérieur alors que les gouttes glacées roulent le long de des joues, de son crâne et de son dos. Il ne distingue plus ni la pluie, ni la sueur, ni les larmes. Trois jours que Tristan a subit les représailles du Skeleton Crew à sa place. Trois jours que Joy se cloître dans un silence terrifiant. Trois jours que Ronan garde à l’intérieur une tornade d’idées sombres qui lui écorchent le coeur toutes les trois secondes. Et ce soir il craque. Le voilà trempé jusqu’aux os, assis dans une ruelle comme un chien abandonné, avec trois double scotch dans les veines. Et rien dans la tête. Rien. Du vent. Le vide intersidéral. Il ne pense à rien, n’entend rien, ne voit rien, et reste prostré comme une statue, les yeux fixé sur la flaque d’eau à ses pieds.

▬ Eh.

Lentement, Ronan lève vers la jeune femme un regard vitreux et vide d’émotions.

▬ Qu’est-ce que t’as ?

▬ Casse-toi.

Son ton est plus tranchant qu’il ne l’aurait voulu. Et il se sent d’autant plus pathétique de recaler de la sorte quelqu’un qui semble n’avoir que de bonnes intentions à son égard. Seulement voilà, il ne veut pas être bien traité. Il ne veut que violence et punitions pour avoir provoqué la mort de son frère. Et intérieurement, il supplie la jeune femme à la longue chevelure rose de se relever et de fuir à dix milles lieues de lui, car il n’en vaut pas la peine. Quand elle s’exécute enfin, il l’observe s’éloigner du coin de l’oeil et rejoindre un homme blond qui lui tend un parapluie. Voilà, c’est mieux comme ça, va-t’en.
Et il n’accorde pas une once d’attention au parapluie qu’elle lui a laissé. Avec un peu de chance, il chopera une pneumonie et expiera ses fautes bien assez vite.



« Moi je te trouve magnifique. Depuis la première fois que je t’ai vu, d’ailleurs, je ne m’en suis toujours pas remis. Et puis comment je ferais sans toi moi ? Et puis comment l’univers il ferait sans toi? ça pourra jamais fonctionner. C’est impossible. »

⊰ Ronan • 19 ans ⊱


Ronan se tue à la tâche. Le dos rompu par la fatigue et la vue qui se brouille, il continue néanmoins. C’est le troisième petit boulot qu’il enchaîne de la journée, il n’arrête pas. Fini les conneries, fini les escapades dans les rues, fini tout ça. Il n’y a plus que Joy, qui ne porte plus aussi bien son nom qu’avant. Tristan a emporté la joie de vivre de la jeune fille avec lui dans la tombe, et c’est un fantôme que Ronan s’efforce de garder en vie depuis trois ans. Un fantôme dépressif, qui s’arrache souvent la peau des poignets et qui n’a plus jamais sourit. Et pourtant il l’aime toujours autant, quand bien même elle reste à jamais amoureuse de ce salaud de Tristan. Il s’accroche à elle comme un pendu à sa corde, pour continuer à respirer. C’est terrible de dépendre autant de quelqu’un qui n’a plus envie de vivre. C’est comme s’accrocher à une bouée percée. Quoiqu’il arrive, tout le monde finit par couler.

On vient l’interrompre alors qu’il s’apprête à prendre une énième commande. Il s’excuse poliment, se dirige vers l’arrière du restaurant, et colle à son oreille le téléphone que le patron lui tend l’air soucieux.

▬ Allô ?

Il n’entend rien dans un premier temps. Rien qu’une respiration qui semble s’atténuer à chaque souffle. Ses tripes commencent à se tordre alors que l’angoisse le prend à la gorge. Finalement, il entend des sanglots. Et enfin, il y a cette voix qu’il chérit tant, et qui lui brise le coeur quand elle s’étiole de la sorte.

▬ …Pardon.

▬ Joy ? Joy qu’est-ce qui ne va pas, parle moi !

▬ …Pardon, Ronan excuse-moi s'il te plait.

▬ Arrête de t’excuser merde, pourquoi tu pleures, qu’est-ce qu’il y a ?!


Sa propre voix commence à s’étrangler dans sa gorge. Quand il n’entend plus rien d’autre que des sanglots toujours plus faible à chaque respiration, il raccroche rageusement le combiné et quitte le restaurant au pas de course sans tenir compte des protestations de son patron. Son estomac menace de le lâcher, et il se sent plus nauséeux que jamais. Le mauvais sentiment qui l’habite ne cesse de prendre de l’ampleur quand il s’approche de l’appartement miteux qu’il partage avec Joy. Et quand il pénètre dans la cuisine, il s’effondre à genoux devant le corps sans vie de la jeune fille qui baigne dans son sang, la main toujours crispée autour de la lame de rasoir, et les veines ouvertes du poignet jusqu’au coude. Sa voix se brise dans un cri de douleur à en déchirer le coeur et les larmes coulent à flots alors qu’il serre Joy dans ses bras, et qu’il enfouit son visage tiré par la peine dans ses cheveux cuivrés en répétant inlassablement « Pourquoi ? Pourquoi ? »

Pourquoi t’es-tu excusée alors que c’est moi qui t’ai tuée ?


« Non, j’ai braqué personne, planté personne, buté personne, mais je suis un voyou c’est comme ça qu’on dit tout simplement. J’ai fait des choses que je regrette suffisamment, suffisamment pour y penser tout le temps. »

⊰ Ronan • 19 ans ⊱


Ronan part. Il n’a plus que ça à faire.
Faisant fi des conseils du vieux Keating, désormais retraité, qui lui disait de garder espoir, de continuer de vivre, Ronan s’achète une vieille voiture d’occasion et part sans prendre autre chose que sa vieille gratte, un paquet de carte, un sac de sport avec le minimum pour tenir une semaine et laisse le peu de bien-être qu’il ai jamais eu au cimetière, entre les tombes de Tristan et Joy.
Il part de cette région de merde dans laquelle il a toujours réprimé sa vraie nature et apprend enfin à se servir de ses aptitudes d’hybrides si peu exploitées jusqu’alors. Il part et apprend à changer d’apparence et de personnalité pour ne plus jamais être la petite ordure qui a fait plonger ceux qu’il aimait le plus. Il part, et vit de magie, de masques et de poudre aux yeux et. Il part et évolue enfin à l’âge de vingt ans.

Il part, mais plus rien au monde n’a d’importance. Et encore moins lui-même.

Gentil petit joueur •
Pseudo ▬ T.Brownie (Cerise ; Roxane ; etc)
Âge/Date de naissance ▬ 17/10/1997
Comment es-tu arrivé ici petit être ? ▬ Skype. Lien qui pope. La faute à Kanon /dies
Votre activité sur le forum sur une échelle de 1 à 10 ? ▬ Joker (non en vrai c'est archi variable)
Ton Pokemon préféré ▬ BAGGIGUANOUNET (et Métamorph héhé)
Que penses tu du forum ? ▬ KK ♥︎
As-tu bien lu le règlement ?Nik lé regles et niktamer ouiiiii et le hérisson biscopathe qui mange de la brioche dans le tgv est toujours aussi chou ♥︎
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We’re broken people ✝ (Ronan) ❞ - validé
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